dimanche 17 janvier 2016

Je l'aimais - Anna Gavalda





"-Je vais regarder ma vie à travers un judas. Je n'ouvrirai plus la porte.
-Non, tu ne deviendras jamais cette femme-là. Quand bien même que tu le voudrais que tu ne pourrais pas. Les gens continueront à entrer dans ta vie comme dans un moulin, tu souffriras encore et c'est très bien comme ça."





" On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. II y a les courageux et puis ceux qui s'accommodent. C'est tellement moins fatigant de s'accommoder... " A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - que l'on s'est peut-être trompé ? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. À sa manière : plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.

"Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré ......."  je pourrai citer cet extrait pour vous parler d'Anna Gavalda. Je l'aime d'amour cette femme, j'ai lu tous ses romans et j'en veux encore. Elle a de la classe, de la finesse et de la féminité dans ses écrits. Je l 'adore et je veux m'arrêter là. Je ne veux parler d'aucun de ses romans parce qu'il y a eu dès la première fois ce petit quelque chose qui nous lie avec notre éternel coup de coeur.
J'aurai aimé l'avoir comme mon pygmalion, amie, voisine, prof,........  Je l'aime vraiment :) 

"Je l'aimais" est une très belle histoire qui raconte la souffrance d'une femme, abandonnée par son mari.  Nous allons vite en vouloir au mari et le traiter de tous les noms. Comment a-t-il osé partir laissant derrière lui une femme amoureuse et deux adorables petites filles.

Amertume. C'est ce que j'ai ressenti en lisant les premières pages.Chloé qui consultait sa messagerie dans l'espoir de recevoir un petit signe. L'image d'une femme blessée est omni présente. 
Pierre le beau-père (le papa du mari-traitre) décide d'emmener Chloé et les petites dans sa maison de campagne. 

Pourquoi?  

Au début , je me disais que c'est un geste tendre de la part d'un homme  décrit "froid" par les autres. Puis en préparant le dîner, les langues se délient, Pierre parle un peu de lui, de son frère mort, de son enfance. Ils se rapprochent un peu.

Un jour Pierre révèle son passé, son histoire, parle de sa douleur, de son choix qui l'a rendu morose et triste. Il explique à Chloé que tout dépend de quel côté de l'histoire nous nous tenons :

"On parle toujours du chagrin de ceux qui restent 
mais as-tu déjà songé à celui de ceux qui partent ? "

Il lui explique que des fois l'amour frappe à nos portes sans qu'on le veuille :

"Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre."


Pierre parlera de son expérience et quelque part admire le courage de son fils. On va le détester   puis on lui  donnera raison. Pourquoi choisir de rester et vivre malheureux. Pourquoi continuer à vivre une illusion au nom du devoir puisque  tout le monde en sort perdant. 

Côté écriture : Le roman se base beaucoup plus sur les dialogues que je trouve forts et très pertinents. Gavalda écrit avec une telle aisance qu'on a l'impression de connaître ses personnages.


Merci pour cette leçon de vie!




"Je l'aimais" a été adapté au cinéma en 2009 par  Zabou Breitman 








Né(e) à : Boulogne-Billancourt , le 09/12/1970, Anna Gavalda est envoyée en pension, à l'âge de quatorze ans, à la suite de la séparation de ses parents. Un parcours scolaire littéraire classique : hypokhâgne suivie d’une maîtrise de lettres modernes à la Sorbonne. Anna lit beaucoup et aime écrire.
L’aventure littéraire commence réellement en 1992, année où elle devient lauréate France Inter pour "La Plus Belle Lettre d’amour." Dans la foulée, elle rafle la mise à de nombreux concours de nouvelles et essaie de se faire publier sans succès. Finalement, Le Dilettante lui offre sa chance.