dimanche 15 mai 2016

L'emprunt - Djohar Wallis





"J'avais envie de lui dire que son absence avait éteint ma bougie, voilé mon étoile, donné des ailes à mes bonheurs qui se sont aussitôt envolés."









J’ai découvert ce roman en feuilletant mon magazine "LivrEscQ"
Djohar Wallis a reçu Le prix Littéraire L'ivrEscQ*




 J’ai aussitôt voulu découvrir l’histoire de son roman et comme le résumé était énigmatique, j’avais eu envie d’en savoir plus.

C’est un roman qui se subdivise en chapitres titrés les uns signés par  Selma les autres  par  Kahina.

Deux femmes algériennes, l’une est veuve  l’autre est célibataire,  l’une avait interrompu ses études pour se marier suite à une déception amoureuse, l’autre est étudiante. 
Mais qu’est ce qui relie ces deux femmes?
 Je dirai d’abord une Ville : ALGER que chacune décrit selon son état d’âme,. Ensuite, elles travaillent ensemble et enfin toutes les deux souffrent de l’amour, par amour et à travers l’amour.
Elles sont différentes de par leur niveau social, leur projet et leur situation mais le destin va les réunir, voire les unir pour vivre la même histoire et aimer le même homme.

Nous découvrons au fil de la lecture pourquoi l’auteure a choisi L’emprunt comme titre. L’emprunt, veut dire que nous ne possédons pas ce que nous empruntons. L’emprunt rime bien avec le faux-semblant, l’usurpation aussi. Mais qu’est ce qui peut pousser une femme a emprunté l’identité d’une autre pour vivre quelques moments de bonheur ? 


Je ne veux pas donner beaucoup de détails parce que le charme de ce beau roman réside dans  sa trame : des faits inattendus, des coïncidences.

Ce n’est pas un roman d’amour  mais j’ai aimé comment Selma et Kahina parlent de ce noble sentiment. Elles souffrent mais n’en veulent pas à l’amour. Elles en veulent à l’autre : l’homme. Celui qui n’a pas su aimer.

"nhabek, n'habek, matrouhch, matkhelinich" (je t'aime , je t'aime, ne pars pas, ne me quitte pas)



L’auteur écrit a  une belle plume. Les mots sont beaux à certains chapitres, ils nous emportent, ils nous pénètrent et nous libèrent. A certains passages, on s’arrête pour dire : « Absolument » « c’est exactement ce que je ressens ».  Mais je reproche, malheureusement, la longueur des phrases et la lourdeur de certaines expressions.  
Toujours au niveau de la forme, il y a quelques fautes (de frappe sûrement mais gênants)



J’ai aimé le jeu des pronoms aussi . Quand c’est Selma qui parle, le « Tu »  est son outil pour s’adresser à son ex-amoureux, pour lui reprocher son comportement, ses agissements, un  « tu _ accusateur » et des fois « agressif » qui m’a fait détester le personnage de Yazid.  Chez Kahina le « JE » est  agréable, elle parle d’elle, de ses rêves anciens, de son histoire d'amour de son mariage, de sa famille,... J’ai aimé ce personnage et j’aurai aimé le voir plus peaufiné avec plus de matière, plus expressif, j’aurai aimé lire Kahina plus que Selma.

Nous avons droit aussi au "jargon" médical puisque Djoher Wallis est étudiante en médecine. Un clin d'oeil à l'hôpital, à la prise en charge des malades et à l'avidité des secteurs qui gravitent autours. 


 Un roman qui déborde de féminité et de délicatesse. Le mensonge est au centre de l'histoire.  Et... une auteure que j'aimerai relire prochainement. 

L'histoire est racontée d'un point de vue féminin, j'aimerai bien lire  une réécriture (un tome 2) avec le point de vue masculin.





Djoher Wallis, algéroise, étudiante en médecine.