mercredi 5 octobre 2016

Le joueur - Fiodor Dostoïevski




"Si ridicule que puisse paraître cette grande espérance que je mettais dans la roulette.,le lieu commun,selon lequel il est stupide d'attendre quelque chose du jeu,l'est encore plus,à mon sens."






Quand j’avais pris un jour ce roman entre les mains, j’ai cru qu’il y avait des chapitres manquants. Pour moi littérature russe rime avec gros pavés donc plus de 600 pages. Je le relis pour la discussion du mois et je retrouve avec plaisir ce que j’aime le plus chez Dostoïevski : LE DIALOGISME 

Plus qu’un roman, « le joueur » est une sorte de document-témoignage qui nous fait découvrir le monde du casino et du jeu.

Le protagoniste est un jeune précepteur prisonnier de deux passions : le jeu et l’amour.
Il sera entraîné dans le gouffre de l’amour en tombant amoureux de la belle-fille de son employeur et sera jeté dans le vice du jeu par la grand-mère de ce dernier.
Nous suivrons les pas d’Alexei Ivanovitch vers ce lieu de débauche, le casino, et découvrirons avec lui tous les rouages et les secrets de la roulette. Nous serons témoins de sa descente aux enfers et comment le jeu , ce monstre, le séduira, dévorera ses réticences pour devenir une addiction, voire une passion inquiétante.
Il se fiera au hasard pour gagner et perdre , pour aimer / être aimé. Le hasard , ce « concept » qui revient souvent dans les écrits de Dosto : l’existence de Dieu (le doute) et aussi l’absurdité de la passion (de l’amour).
On aime à croire que ce court roman est une pâle autobiographie de l’écrivain qui fut un joueur criblé de dettes et qui s’en sortira grâce à sa femme. Une chance qui n’a pas souri au personnage principal du livre.
Est-ce nécessaire de parler de la plume de l’auteur ? Une force narrative que je ne trouve jamais ailleurs (n’est-il pas la première source d’inspiration de beaucoup d’auteurs dans le monde !) et ses dialogues sont très bien construits, on s’en lasse jamais. Il y a toujours des discussions intéressantes qui font qu’on en sort avec la tête pleine après la fermeture d’un Dosto.

Dans « Le joueur » Dosto n’a pas cédé à son habituel obsession de mettre les russes sur un pied d’estale réduisant les autres peuples à de vulgaires classes ne sachant ni parler ni se comporter en société. (voir les passages avec le comte français)

Un roman court qui se lit facilement et on en sort avec tous les mécanismes du jeu en tête .

Une lecture agréable pimentée de conversations intéressantes et de passages drôles ( les passages qui décrivent la grand-mère) .


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Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski est un écrivain russe. Il est considéré comme l'un des plus grands romanciers russes, il a influencé de nombreux écrivains et philosophes. Écrivain admiré après la publication de Crime et Châtiment (1866) et de L'Idiot (1869), l'auteur publie ses œuvres les plus abouties, Les Démons (1871) et Les Frères Karamazov (1880). Avant de devenir écrivain, Dostoïevski est dès l'adolescence un lecteur passionné. Il a une excellente connaissance de la littérature européenne de son temps. Byron, Balzac, Dickens, Victor Hugo, E. T. A. Hoffmann figurent parmi ses auteurs favoris. Dans ses premières années, il est également volontiers lecteur de romans populaires, notamment des feuilletonistes français Eugène Sue ou Paul de Kock.