lundi 19 décembre 2016

Néant - Mickaël Parisi







Merci à l'auteur qui a pris contact avec moi pour me proposer de décourvrir et de chroniquer son roman. 










"J’aime l’argent mais dans une certaine proportion : je ne vais pas lécher le cul d’un connard juste parce qu’il a une Rolex et un costard à 5000 boules. Certains ont du respect pour un type comme ça. D’autres, de la haine et de la jalousie. Moi je ne marche pas comme ça, petit." 






Marlon est un jeune homme aux pensées suicidaires et anarchistes. Afin de quitter ce quotidien et ce monde qui ne lui convient pas, il ne trouve rien de mieux à faire que de rejoindre une organisation secrète lui permettant de se faire passer pour mort auprès de la société. Après avoir assisté à son propre enterrement, Marlon devra effectuer plusieurs tâches pour son organisation afin d'obtenir une somme d'argent suffisante pour recommencer une nouvelle vie ailleurs. Mais tout ne se passera pas comme prévu. Le seul espoir pour Marlon de s'en sortir semble être un détective privé sociopathe, alcoolique, obsédé sexuel, atteint de la maladie de Diogène, fan d'achats d'armes sur le "Dark Web" et dont le seul but est de gagner assez d'argent pour voyager à vie en Business Class. Comment Marlon va-t-il pouvoir s'en sortir sans laisser de plumes ? 









J'aime varier les lectures pour ne pas m'ennuyer. Le livre de Parisi est pire qu'un changement de genre c'est la lecture DIFFERENTE de l'année: inclassable.

Quand il a proposé le roman , l'auteur avait précisé qu'il fallait avoir un esprit "ouvert".  Ma curiosité a atteint son paroxysme et j'ai commencé le livre en guettant la moindre anomalie romanesque.

En fait, le livre  est dénonciateur de cette société dans laquelle nous "évoluons", écrit crûment. 

Le style de l'auteur m'a sortie de mon cocon confortable qui se situe dans le monde des bisounours.  Une claque, une baffe reçues avec le sourire : même pas peur, même pas honte de me faire secouer pour lire ce que je pense dans mon for intérieur. Il transcrit ce que nous vivons avec hardiesse.

Provocateur et arrogant, l'auteur nous raconte le quotidien de Marlon qui s'occupe d'une rubrique nécrologique et pense tout le temps au suicide. Normal, quand on a marre de cette vie où l'argent gère tout, où tu vaux ce que tu as et non  pas ce que tu es.  


Vous voyez tous de quoi je parle. Quand on regarde un reportage à la télé, des témoignages lors de certaines émissions, .... on se pose tous la même question:


Où va le monde?

Et bien Parisi a eu l'intelligence de nous répondre à sa façon. Le monde va mal, part en cacahuètes (je me mets à écrire comme lui non? haha)

Nous allons voir ce monde à travers  Marlon qui en se faisant passer pour mort se retrouve impliquer dans des affaires louches et compromettantes : de la violence , de la violence et encore de la violence. J'ai été servie! 

Je n'ai pas aimé Marlon, je l'ai trouvé hautain, un peu snob à mon goût: vous voyez le genre de personne qui se dit qu'elle vaut mieux , mérite mieux? C'est tout Marlon. Un éternel insatisfait, un râleur.  
Bien fait pour lui, il découvrira le revers de la médaille après sa pseudo-mort.
Il y a un adage arabe qui dit :  "khredj men habss tah fi babou" [Il a quitté la prison et s'est retrouvé devant sa porte.]C'est quand une personne quitte un endroit malsain pour pénétrer dans un autre, pire que le premier.


Par contre, je me suis attachée à Grant, le vulgaire, l'alcoolique mais celui qui a signé l'humour dans ce roman. Je ne sais pas pourquoi mais Grant a donné plus de rythme au roman, plus de délectation. 

Moi qui pique du fard à chaque fois que je croise un gros mot, avec Parisi , je l'ai vécu comme un soulagement. Une sorte d'extériorisation. Je ne sais pas si je dois avoir honte ou passer mon chemin.Le vocabulaire est vraiment grossier. L'auteur ne cherche pas  à enjoliver le style,  à respecter certaines règles de grammaire ni à soigner son langage, il a d'autres soucis à transmettre (Heuuuu c'est un jeu de mots -_- ) 

Je vais oser dire quelque chose : pour moi Parisi est comme ce rappeur que les gens  jugent en parcourant rapidement les paroles et écoutant des bribes.
Je m'explique: des fois en écoutant vraiment du rap , on relève la culture générale du chanteur-parolier et on regarde un peu sa tête et on se dit : ah oui! parce que lui s y connaît en nucléaire et en géographie pour en parler?  Et  bien j'ai eu la même impression avec Parisi. Certes le vocabulaire choque et la violence dégoûte mais le livre est plein d'informations : politique, scientifique,... j'ai dû faire des pauses pour en savoir plus. 

Je ne sais pas si vous saisissez mon exemple! Je tenais à le dire c'est tout ;) 

Une plume virulente. 
Un sujet original
Un auteur à suivre ...