lundi 7 août 2017

L'affaire de la pucelle de la rue Ormea - Amara Lakhous








 aux éditions Barzakh pour l'envoi du livre.










« Il faut respecter la hiérarchie, 
sinon on risque l’anarchie. »







Scandale au coeur de Turin : une adolescente de quinze ans accuse de viol deux roms. Une campagne anti-Roms se déchaîne sans complexe, attisée par une presse à charge. Le journaliste Enzo Laganà est missionné pour couvrir ce trouble fait divers.
Rumeurs insidieuses, jeux de miroirs et faux-semblants : Amara Lakhous confronte avec acuité les sociétés occidentales à leur hypocrisie. Dès lors que la vie d'un être humain vaut moins que celle d'un chien, et que l'on condamne aveuglément le prétendu "voleur de poules" en laissant le libéralisme broyer en masse les petits épargnants, le romancier fourbit ses armes et nous pique au vif avec celle de l'humour.



Et encore un titre à rallonge de Lakhous dont je suis devenue fan. 
Dans ce nouveau roman, nous retrouvons le journaliste Enzo Laganà (je l'ai connu ICI ) plongé dans un nouveau scandale.


Enzo Laganà doit enquêter sur une affaire très sensible: suite à une accusation non fondée, les Roms (les roumains) sont tenus responsables d'un viol et voilà que les turinois  s'indignent et se révoltent pour donner libre cours à leur haine contre ces étrangers qui les envahissent (d'après eux).

La rédaction du journal où travaille Enzo tient là un sujet de fait divers qui va enflammer l'opinion publique. Ne tenant pas compte des recherches du journaliste, ses supérieurs vont s'arranger pour publier ce que la "populace" voudrait lire. 

Du déjà lu peut-être?  Sujets réchauffés? Certains thèmes ont déjà été abordés dans les trois précédents romans de l'auteur en ma possession: "Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio" , "Querelle autour d'un petit cochon" , "Divorce à la musulmane à Viale Marconi". 

Je répondrai par un  oui aux deux questions posées ci-dessus si je n'étais pas une assoiffée de ce genre de sujets. Je trouve qu'on en parle pas assez dans les livres, on a permis aux  politiciens de s'emparer de cette source inépuisable de faux-problèmes. On a laissé les médias jeter de l'huile sur le feu à chaque occasion et transformer les cendres de la haine en un feu dévastateur.  Je remercie donc certains auteurs qui prennent le temps de nous expliquer ce qui se passe actuellement dans le monde, spécialement en Europe. Lakhous le fait avec tact en injectant des doses d'humour pour nous permettre d'assimiler les choses facilement et de les comprendre davantage. 


Laganà n'est pas seul acteur dans cette nouvelle histoire de Lakhous. Nous allons avoir un autre point de vue sur ce qui se passe dans le monde socio-économique à travers le personnage de Patrizia.  

Ce nouveau roman est vif, les deux voix s'alternent. Poussés par le même désir de vengeance de cette société hypocrite, les deux personnages animent le déroulement de l'histoire: Patrizia, une  banquière dégoûtée par l'arnaque et la manipulation décide de disparaître et de revenir sous une autre "forme" (j'insiste sur la forme).

Je n'en dirai pas plus parce que le charme de ce genre de livre c'est de suivre les pas de ses protagonistes .

En attendant vos retours , chers amis, je prends mon mal en patience pour avoir un nouveau Lakhous entre les mains. Peut-être qu'une autre ratatouille polar-comédie saupoudrée d'hypocrisie mijote sur un feu de dérision.


A bientôt 



Amara Lakhous, né à Alger en 1970, vit à Rome depuis 1995. Il est journaliste, anthropologue et romancier. Ce roman a d’abord été écrit en arabe (Ed. Ikhtilef, 2003). Réécrit en italien puis édité en Italie en 2006, il a eu un succès foudroyant : couronné de plusieurs prix, il a notamment partagé le prix international Flaiano 2006 avec l’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas. Une adaptation cinématographique est en cours.

Bibliographie : ICI